Structures juridiques de l'entreprise - Particularisme du droit des affaires - Le droit de travail
Structures
juridiques de l'entreprise
Il existe deux catégories d'entreprises : les entreprises
individuelles et les sociétés.
Les entreprises individuelles
Juridiquement le patrimoine de l'entreprise individuelle se
confond avec celui du chef d'entreprise. L'entreprise individuelle,
c'est en réalité le commerçant ou l'artisan
qui exerce individuellement. Dans le cas de l'agriculteur,
on parle d'exploitation agricole.
Le commerçant est celui qui fait des actes de commerce
à titre de profession habituelle. Pratiquement tous
les actes de production, de distribution de produits ou de
prestation de services sont des actes de commerce.
L'artisan est celui qui tire l'essentiel de son revenu de
son activité manuelle.
L'inconvénient essentiel de l'entreprise individuelle
est l'absence de " patrimoine d'affectation ". Tous
les biens de l'entrepreneur individuel répondent de
son passif sans que l'on puisse distinguer entre le passif
professionnel et le passif personnel. Ainsi si l'entrepreneur
individuel est mis en liquidation judiciaire*, tous ses biens
seront vendus même l'immeuble dans lequel est son logement
principal.
Les sociétés
Le choix d'une forme sociale peut être inspiré :
- par le désir de grouper des moyens
(notamment financiers) pour obtenir une puissance économique
plus importante. Il en est ainsi en particulier lorsque la
société fait appel public à l'épargne
(elle est cotée en bourse).
- plus simplement, par la volonté de
séparer le patrimoine du chef d'entreprise de celui
de l'entreprise. C'est pour cela que l'on constitue des SARL
(sociétés à responsabilité limitée)
ou des SAS (société anonymes simplifiées),
éventuellement avec un associé unique !
Il y a des sociétés civiles qui interviennent
dans le secteur immobilier ou agricole ou encore pour regrouper
des professions libérales.
Il y a également des sociétés commerciales
:
- sociétés de capitaux comme
les sociétés par actions dont la société anonyme ;
- sociétés de personnes comme
la société en nom collectif.
Aux termes de l'article 1832 du Code civil :
" La
société est instituée par deux ou plusieurs
personnes qui conviennent par
un contrat d'affecter à une entreprise commune des
biens ou leur industrie
en vue de partager le bénéfice ou de profiter
de l'économie qui pourrait
en résulter.
Elle peut
être instituée, dans les cas prévus par
la loi, par l'acte de volonté d'une seule personne.
Les associés
s'engagent à contribuer aux pertes ".
Mais la société, une fois immatriculée
au registre du commerce et des sociétés devient
une personne morale ; économiquement c'est une entreprise.
Particularisme
du droit des affaires
L'existence même du droit des affaires est discutée.
Classiquement on parle plutôt de droit commercial, par
rapport au droit civil.
Mais, en réalité, le droit des affaires semble
être une nébuleuse regroupant le droit commercial,
une partie du droit civil, le droit du travail et même
une partie du droit pénal.
On enseigne traditionnellement que le droit des affaires doit
concilier deux impératifs qui semblent contradictoires
: la rapidité et la sécurité.
- la rapidité est nécessaire
à l'économie, notamment à la circulation
des marchandises (et de la monnaie) ; cela suppose que les
techniques du droit des affaires soient plus simples et moins
formalistes que celles du droit civil ;
- la sécurité impose
que l'on ne puisse contester facilement les opérations
d'affaires, donc que leur preuve puisse être rapportée
facilement (éventuellement au prix d'un formalisme
simplifié comme dans le droit des effets de commerce
que l'on appelle " droit cambiaire* ") et que les
litiges les concernant soient réglés plus rapidement
(existence d'une procédure commerciale simplifiée
devant les tribunaux de commerce).
Les grands thèmes du droit des affaires sont les suivants
:
- les structures de l'entreprise,
ce qui réunit le droit des sociétés,
celui du fonds de commerce et une partie du droit du travail
;
- les contrats de l'entreprise,
qui obéissent fondamentalement au droit civil, avec
quelques particularités apportées par le droit
commercial ;
- le cadre général
de l'activité d'affaires qui réunit le droit
de la concurrence et le droit de la consommation ;
- les biens de l'entreprise, en
particulier les droits de propriété industrielle
(brevets, marques
) ;
- les instruments de paiement ou de crédit,
qu'étudie le droit bancaire, matière de haute
technicité ;
- enfin le règlement des
litiges d'affaires qui inclut notamment l'arbitrage et les
procédures collectives de règlement des difficultés
des entreprises, l'ancienne faillite* devenue redressement
ou liquidation judiciaires.
De nombreuses opérations d'affaires sont internationales.
Elles sont sensibles au droit communautaire et peuvent être
réglées par la lex mercatoria qui est une sorte de coutume internationale régissant
les contrats d'affaires.
Le
droit de travail
Le droit du travail, qui fut jadis le " droit ouvrier "
a pris aujourd'hui une importance considérable tout en
se diversifiant. Avec le droit de la sécurité
sociale, il forme ce qu'on nomme le " droit social ".
Dans l'ensemble son objet est de protéger le salarié.
Il règle aussi bien les relations individuelles que les
relations collectives de travail.
Les relations individuelles de travail
C'est essentiellement l'étude du contrat de travail :
- d'abord de sa formation qui constitue
une opération d'embauche ;
- ensuite
de son exécution qui confère à l'une des
parties le statut de salarié au sein d'une entreprise
dans laquelle l'employeur exerce un pouvoir disciplinaire symbolisé
notamment par le règlement intérieur ; la rémunération
du salarié est soumise à une réglementation
minutieuse, de même que les conditions de travail, en
particulier sa durée ;
- enfin
de sa cessation dont les conditions varient selon que le contrat
est à durée déterminée ou indéterminée
; des difficultés particulières naissent du licenciement
du salarié qui peut sanctionner une faute ou intervenir
pour motif économique.
Les litiges individuels nés du contrat de travail sont
de la compétence d'une juridiction spéciale :
le conseil des prud'hommes.
Les relations collectives de travail
De nombreuses règles de droit du travail résultent
de la négociation collective. L'étude des conventions
collectives est une partie importante du droit du travail.
Il y a aussi des conflits collectifs du travail dont le plus
connu est la grève.
Plus généralement, la question de l'emploi est
une de celle qui retient l'attention des spécialistes
de droit social.
Dernière mise à jour : Janvier 2004