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trouvé ses racines dans ces deux systèmes juridiques,
il en a toutefois modifié de manière importante
les mécanismes. Cette adaptation s'explique principalement
par l'influence grandissante du christianisme et notamment
de la morale chrétienne. L'organisation politique de
l'Ancien Régime a eu pour conséquence la coexistence
sur le territoire français de droits différents.
C'est à cette époque que certains juristes (notamment
Domat) ont cherché à présenter une synthèse
des droits alors applicables. Pour ce qui est de la responsabilité,
il ont tenté d'en réaliser une présentation
systématique. Ils ont ainsi proposé de dissocier
avec plus de netteté les responsabilités civile
et pénale en achevant la distinction entre les actions
pénale et réipersécutoire que l'on connaissait
à l'époque romaine. Toutefois, si cette séparation
entre les deux ordres de responsabilités s'accentue,
elle ne sera pas encore totale à cette époque.
Par ailleurs, l'une des autres évolutions fondamentales
par rapport aux systèmes juridiques qui ont influencé
l'Ancien Droit résulte des propositions faites par
certains juristes de consacrer l'existence d'un principe général
de responsabilité civile fondé sur la faute.
Ces propositions constituent une rupture par rapport au droit
romain qui nous l'avons vu ne connaissait que des délits
spéciaux.
Ainsi, dès lors qu'une personne cause par sa faute
un dommage à une autre personne alors même qu'elle
ne l'a pas spécialement recherché, elle sera
dans l'obligation de le réparer.
Toutefois, à la fin du XIXème siècle, la révolution industrielle est venue remettre en cause ce fondement. En effet, l'essor du machinisme a entraîné de nombreux accidents occasionnant de graves dommages sans qu'ils puissent être réparés dans la mesure où aucune faute ne pouvait être reprochée à quiconque. La faute comme fondement exclusif de la responsabilité devenait dès lors inadaptée car insuffisante. De nombreux auteurs (dont Saleilles*) ont alors proposé de fonder la responsabilité civile sur la théorie du risque : c'est à la personne qui tire profit d'une activité d'assumer les risques qu'elle crée. Ainsi, le chef d'entreprise qui par l'activité qu'il dirige crée des risques pour les tiers doit prendre à sa charge les dommages qui pourraient en résulter. L'avantage d'un tel fondement est de permettre une mise en uvre beaucoup plus facile de la responsabilité civile puisqu'il n'est plus nécessaire de prouver une faute. Enfin, une troisième théorie a pu être proposée pour fonder la responsabilité civile : celle de la garantie. En vertu de ce fondement, toute personne ayant droit à la sécurité, peut dès lors qu'on y porte atteinte, obtenir une réparation en application des mécanismes de la responsabilité civile. Toutefois le fondement de la garantie est resté en retrait et aujourd'hui, on admet que la responsabilité civile est essentiellement fondée sur la faute ou bien sur les risques.
Nous assistons tout d'abord à une objectivation de la responsabilité civile, c'est à dire que
celle ci se détache de plus en plus de toute connotation
morale. En effet, la responsabilité civile consiste
désormais moins en la sanction d'un comportement illicite
qu'en un instrument juridique permettant à une victime
d'obtenir réparation des dommages qu'elle a subis.
Les manifestations de cette tendance sont perceptibles à
travers le développement des lois d'indemnisation.
Par exemple, une loi du 5 juillet 1985 a été
adoptée pour améliorer la situation des victimes
d'accidents de la circulation. En vertu de cette loi, la victime
d'un accident de la circulation pourra obtenir réparation
des dommages subis très facilement puisque elle n'aura
pas à prouver une faute imputable à l'auteur
de son dommage. Responsabilité contractuelle et délictuelle Le droit civil français repose encore sur l'opposition entre la responsabilité contractuelle et la responsabilité délictuelle bien que cette distinction soit aujourd'hui contestée.
En pratique il n'est pas toujours facile de dire si la responsabilité
est contractuelle ou délictuelle : En revanche, si vous allez au restaurant,
spécialement pour manger du poisson, et que ce poisson
est avarié, victime d'une intoxication alimentaire,
vous pouvez cette fois ci engager la responsabilité
contractuelle du restaurateur,
dans la mesure où un contrat a été conclu
entre vous et que celui-ci met à la charge du restaurateur
une obligation dite de sécurité. La
responsabilité délictuelle
Ce système byzantin a des conséquences pratiques
importantes car dans la responsabilité du fait des choses
ou dans la responsabilité du fait d'autrui, la faute
ou même la responsabilité peut être présumée,
ce qui facilitera la tâche de la victime qui demande réparation.
Hélas le système est mal harmonisé et il
y a ainsi des différences de régime entre les
différentes hypothèses de responsabilité du fait d'autrui.
Le juge doit réparer l'intégralité du dommage,
soit en nature, soit, le plus souvent, par équivalent,
c'est-à-dire sous forme de dommages-intérêts.
En matière contractuelle, les parties peuvent
prévoir les conséquences de la responsabilité
soit en fixant un montant de dommages-intérêts
(clause pénale*) soit en limitant les conséquences
de la responsabilité. Ces clauses ne sont cependant pas
systématiquement valables. Dernière mise à jour : Janvier 2004 | Sauter Catégories de coursCatégories de coursActu juridique
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